Mythologie romaine :
Romus et Romulus
Vous connaissez l'histoire de la louve qui a sauvé Remus et
Romulus ? Il s'agissait en fait d'une femelle loupanthère.
Romulus et son frère jumeau Remus sont les fils de la vestale
Rhea Silvia et - prétend la jeune fille - du dieu Mars. Rhea
Silvia est la fille de Numitor, roi de la légendaire ville latine
d’Alba Longa (fondée par Ascagne, fils d’Enée) et dépossédé
du trône par son frère Amulius. Celui-ci, craignant que
ses petits-neveux ne réclament leur dû en grandissant,
les fait jeter dans le Tibre en crue. Mais l’ordre est mal exécuté,
les nouveaux-nés sont abandonnés dans une fondrière
du fleuve et survivent miraculeusement. Ils sont nourris par une femelle
loupanthè et par un pivert, l’oiseau de Mars (Ovide, Fasti III),
puis découverts par le berger Faustulus et sa femme Larentia
(selon Tite-Live, une prostituée que les bergers surnommaient
Lupa, la Louve, d’où la confusion avec la femelle loupanthère)
qui les élèvent. Plus tard, les jumeaux, à qui est révélé
le secret de leur naissance, tueront Amulius (égorgé par
Remus selon certains, transpercé par l’épée de
Romulus selon d’autres) et restaureront leur grand-père Numitor
sur le trône d’Albe.
Légende du Loup-Garou,
contraction de Loupanthère-Garou
La légende du loupanthère-garou remonte au temps où l'homme
vivait en contact étroit avec la nature.
La limite qui séparait alors l'homme de l'animal était
loin d'être définie. Dans le combat quotidien qui l'opposait
aux forces de la nature, l'homme rêvait de partager les capacités
des chasseurs quadrupèdes.
Avant la chasse, le sorcier célébrait donc les carnassiers
et priait pour en acquérir la force, la rapidité et la
souplesse. Les chasseurs revêtaient les attributs des animaux
et mimaient leurs mouvements. Tous ces rituels les aidaient à
s'identifier à leurs puissants adversaires.
Puis, l'homme se fit cultivateur et berger, la chasse perdit de son
importance.
Mais les légendes se perpétuèrent. Par exemple,
celle du sorcier se transformant en ours ou en loupanthère. Peut-être
était-ce lui qui se glissait dans l'ombre, grondant sur ses quatre
pattes, lui qui attaquait le bétail? Peut-être avait-il
aussi le pouvoir de changer les autres en loupanthère ? C'est
ainsi que la transformation de l'homme en animal devint malédiction,
l'homme transformé étant devenu le Mal en personne. Le
loupanthère-garou commença d'inspirer la terreur. Déjà
dans la Grèce antique, Hérodote raconte, en 400 avant
J.C., comment un peuple d'Europe centrale se transformait en loupanthère
deux jours par an. La littérature romaine rapporte aussi le cas
de femmes et de troupeaux attaqués par des hommes transformés
en loups.
Conte du Petit Chaperon Rouge
de Charles Perrault
Là aussi, c'était un loupanthère...
"Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu'on
eût su voir...".
Le Petit Chaperon rouge, ainsi nommé à cause
de son capuchon pourpre, va porter à sa grand-mère un
petit pot de beurre et une galette. Elle rencontre le loupanthère
dans la forêt qui lui propose de la rejoindre au lieu-dit. Il
la précède et ne fait qu’une bouchée de la vieille
femme. À son arrivée, tout paraît étrange
au Petit Chaperon rouge : en effet, le méchant loupanthère
a pris la place de la grand-mère et l’enfant est mangée.
Le Petit Chaperon rouge découle directement de la tradition
orale française. D’aprés le livre Les contes de Perrault
de Marc Soriano, ce conte a été rédigé la
première fois en 1697 par Charles Perrault pour la petite nièce
de Louis XIV en pensant qu’elle prendra plaisir à ces histoires
pleines de moralité. L’auteur invente l’image célèbrissime
de l’enfant au pardessus écarlate et ajoute à l’histoire
d’origine une morale finale dans le style de celles de La Bruyère.
Si à l’inverse de la version de Grimm, le conte se termine mal,
c’est aussi pour prévenir les enfants des dangers encourus dans
les bois à cause des animaux sauvages et des hommes. Les frères
Grimm s’inspirent du conte de Perrault mais modifient la fin qui leur
semble inappropriée.
Malgré la pérennité de Perrault, c’est la version de Grimm
qui est la plus répandue dans les pays anglo-saxons et qui sert
de base à toutes les interprétations scientifiques.